Preuve de leur détermination, au cas où ils ne parviendraient pas à signer un accord avec le PS, les 120 membres du conseil national interrégional (Cnir), qui se réunissent ce week-end à Paris, doivent valider demain les noms de leurs 577 candidats à la députation, ainsi que ceux de leurs suppléants, le tout « dans un strict respect de la parité homme-femme », note Cécile Duflot, porte-parole du parti.
Officiellement, dans l'attente de la désignation du candidat socialiste à la présidentielle, les négociations entre les deux partis sont gelées depuis juillet. Ce qui fait enrager Jean-Vincent Placé, président du groupe Verts au conseil régional d'Ile-de-France, selon qui « certains se font des idées sur la désignation du candidat du PS qui pourrait débloquer la situation, alors qu'aujourd'hui on a déjà un interlocuteur qui s'appelle François Hollande ! »
Il est vrai que, la semaine dernière, les radicaux de gauche sont parvenus à s'entendre avec le premier secrétaire du PS. Jean-Michel Baylet, leur président, a en effet obtenu de François Hollande, moyennant la promesse de ne pas présenter un candidat radical à la présidentielle, le gel de 36 circonscriptions pour le PRG.
Mais voilà ! Les Verts ne veulent pas lier le sort de leur candidate à la présidentielle à un éventuel accord électoral pour les législatives. « Contrairement au PRG, nous n'acceptons pas du PS ce type de chantage à la présidentielle », confie Yann Wehrling, secrétaire national des Verts. « Nous considérons, au contraire, qu'un parti qui porte un projet original de société doit être présent à l'élection présidentielle », ajoute-t-il.
Concrètement, les Verts, qui ont trois députés sortants, exigent du PS le gel de 60 circonscriptions, dont 30 « gagnables », pour espérer former un groupe autonome à l'Assemblée nationale.
SOURCE AFP
Les Verts ont choisi ce week-end 400 candidats pour les législatives de juin 2007, se préparant à y aller tout seuls, sauf si intervenait un accord électoral avec le Parti socialiste, mais ils n'ont pas réussi à arbitrer tous les cas, notamment celui de Noël Mamère.
Au cours d'un conseil national inter-régional (CNIR) extraordinaire, réuni pendant deux jours à huis-clos à Paris, ils ont désigné la majeure partie de leurs 577 candidats, sur proposition des instances régionales du parti.
Ils ont dû arbitrer dans plusieurs cas, quand des scénarios concurrents étaient proposés par la région ou, quand, refusés par la région, ils étaient défendus par la commission électorale présidée par Mireille Ferri, secrétaire nationale adjointe.
Le cas le plus délicat à arbitrer a été celui du député-maire de Bègles (Gironde) Noël Mamère, élu en 2002 avec 56,5% des voix après avoir obtenu 5,25% à la présidentielle, le score le plus brillant jamais obtenu à cette élection par les Verts.
Cependant les statuts du parti interdisent le cumul des postes de maire et de député.
Le conseil national a appliqué la règle et refusé de donner l'investiture à cette figure emblématique du parti, estimant, comme l'a souligné la porte-parole Cécile Duflot, qu'on ne pouvait pas demander l'interdiction du cumul dans le pays et ne pas l'appliquer dans son parti.
Les Verts ne peuvent pas faire "l'économie de candidats éligibles", a souligné M. Mamère à l'AFP, critiquant leur "juridisme" et se disant "confiant" sur "une solution politique" au problème.
La question devrait être étudiée à nouveau au prochain CNIR de la mi-décembre, soit après le Congrès.
La candidature de plusieurs membres de la direction du parti a été entérinée, notamment celle du secrétaire national Yann Wehrling à Strasbourg et celle de Cécile Duflot dans le Val-de-Marne.
Dominique Voynet apparaît comme suppléante à Montreuil (Seine-Saint-Denis) et sa fille aînée comme candidate à Dôle (Jura), où sa mère avait été élue en 1997.
Les Verts auront, au bout du compte, des candidats dans toutes les circonscriptions, mais un certain nombre de ceux choisis ce week-end devront se retirer de la compétition en cas d'accord avec le PS.
En échange du gel de circonscriptions pour les Verts, le PS devrait en effet bénéficier lui aussi d'un retrait de candidats Verts en sa faveur.
En outre, les cartes seront rebattues en cas d'accord électoral pour qu'il y ait, parmi les éligibles, respect de la parité et des équilibres des courants.
Source : AFP
Ce week-end d'investiture a entraîné la démission des Verts d'Aurélie Filippetti, 33 ans, candidate en 2002 à Paris (6,6% des voix dans la circonscription de l'ancien maire Jean Tiberi), qui souhaitait l'être en 2007 en Lorraine, sa région d'origine. Mais ce scénario, minoritaire en Lorraine, n'a pas été soumis au CNIR par la commission d'investiture.
Mme Filippetti a dénoncé "le fonctionnement groupusculaire des Verts". "Dès qu'une tête dépasse, on la coupe", a-t-elle dit à l'AFP, citant le cas de Noël Mamère et jadis de Daniel Cohn-Bendit. Mme Voynet avait fait la même réflexion en 2002, en quittant la tête du parti.
Cette "mise en ordre de bataille", selon les termes de Mme Ferri, intervient à deux semaines de la première phase du congrès.
Lors d'assemblées générales en région, les Verts voteront le 12 novembre sur 8 motions (8 courants). La deuxième phase du congrès interviendra avec le rassemblement des délégués à Bordeaux, le 2 décembre, pour définir la nouvelle majorité du parti. La nouvelle direction ne sera élue que lors du CNIR des 16 et 17 décembre.
RODOLPHE GEISLER.
Le conseil national du parti ne lui a pas accordé l'investiture pour les législatives.
Réunis à huis clos dans, ça ne s'invente pas, les sous-sols d'une maternité parisienne, les 120 « cniriens » devaient en effet, ce week-end, entériner les candidatures pour les législatives dans les 577 circonscriptions de métropole et d'outre-mer, au cas où aucun accord électoral ne serait signé avec le PS d'ici au mois de février (voir nos éditions du week-end). Mais voilà : ce qui ne devait être qu'une simple confirmation des propositions formulées dans les régions par les fédérations, il y a quinze jours, a viré au règlement de comptes !
Sur fond de surenchères « réglementaires » à deux mois du prochain congrès, le conseil national a en effet suivi les recommandations du conseil statutaire du parti et a refusé l'investiture à Noël Mamère, au prétexte que celui-ci est à la fois maire et député. Toutefois, ils n'ont désigné personne d'autre dans sa circonscription, reportant la question des « cas litigieux » au prochain Cnir en décembre...
Pour Cécile Duflot, porte-parole du parti, ce vote « n'exprime pas un problème personnel contre Mamère, mais un problème au regard des statuts ». « Les Verts sont pour le mandat unique, donc respecter nos principes n'est pas infamant », dit-elle. Sergio Coronado, autre porte-parole, pointe « l'impréparation » à ce Cnir des amis de Mamère « qui se sont fait avoir », tandis que Francine Bavay, conseiller régional d'Ile-de-France, juge « débile » de « donner les investitures juste avant un congrès » ! Ce qui faire dire à Noël Mamère, joint hier par Le Figaro, que le Cnir « a passé quarante-huit heures à faire du juridisme, plutôt que de la politique, alors que notre objectif est de battre la droite » aux prochaines élections.
Rappelant avoir obtenu plus de 5 % à la présidentielle de 2002, Mamère confie encore qu'il pensait « mériter mieux ». « Si c'est ça le remerciement des Verts, ça me laisse pantois », avoue celui qui les a rejoints en 1998. Soit un an après avoir été élu pour la première fois au Palais Bourbon. « On prend le risque d'éliminer ceux qui peuvent le plus faire entendre la voix des Verts. Mais, pour moi, l'histoire ne s'arrêtera pas à ce 29 octobre. Je compte bien poursuivre mon travail de député et de maire », assure-t-il encore.
Et d'appeler ses amis écologistes à revenir « à plus de réalité politique » : « Est-ce que les Verts veulent garder la ville de Bègles ou la donner aux socialistes ? Non ! Alors que l'on me fasse confiance, il sera toujours temps de voir après... » explique-t-il, rappelant, au passage, que lors de sa première élection à la mairie de Bègles en 1989, il n'était pas encore chez les Verts.
Dominique Voynet, la candidate du parti écologiste à la présidentielle, a souhaité hier, sur RTL, « que Noël Mamère puisse être réélu député ». La veille, les Verts avaient décidé de ne pas investir le maire de Bègles pour les législatives, en raison de la règle sur le non-cumul des mandats, renvoyant la décision sur son sort à une date ultérieure.
« La représentation des Verts est si faible et si injuste actuellement que je ne suis pas sûre qu'on puisse se passer d'un seul de nos 3 députés », a-t-elle expliqué, sans préciser si les Verts devaient faire, pour lui, une entorse à la règle de non-cumul
Source : les échos
Les Verts se tirent une balle dans le pied en refusant d'investir Noël Mamère pour les élections législatives, estime le député-maire de Bègles (Gironde) dans un entretien au Parisien-Aujourd'hui en France publié mardi.
"Si je laissais la 3e circonscription de la Gironde à un autre Vert, il n'aurait pas la moindre chance de la gagner. Veut-on la laisser à la droite? (...) Dans cette affaire, les Verts se tirent une balle dans le pied", affirme M. Mamère.
Les Verts ont refusé dimanche l'investiture pour les élections législatives au député-maire de Bègles, qui contrevient aux règles de non cumul, internes au parti, en étant à la fois député et maire.
"Et pendant ce temps, la société continue à vivre. Songez qu'en 48 heures de réunion ce week-end, les Verts n'ont pas consacré une seule minute aux événements de Marseille! C'est extravagant", ajoute-t-il.
Interrogé sur ses intentions, il répond : "Je n'ai aucune intention de quitter les Verts. Mais ce qui vient de se passer ne rend pas service à la candidature de Dominique Voynet (à la présidentielle). Le parti doit être pour elle un moteur, pas un boulet".
PARIS (AP) -- Une semaine après le refus des Verts de l'investir pour les législatives, le député-maire de Bègles (Gironde) Noël Mamère a comparé dimanche son parti à un "soviet".
"C'est quand même incroyable, extravagant, de constater que jamais nos idées n'ont été autant diffusées dans la société et que jamais nous nous sommes sentis aussi faibles et jamais nous nous sommes autant regardé le nombril au point que notre parti deviendrait en quelque sorte une sorte de soviet qui dirait qui est bon et qui est méchant", a déploré Noël Mamère dimanche sur France-Inter.
Député de Gironde depuis 1997, réélu en 2002, Noël Mamère est aussi maire de Bègles depuis 1989. C'est en raison de ce cumul, contraire aux règles de son mouvement, qu'il n'a pas été investi dimanche dernier pour les élections législatives de juin 2007.
"Les esprits se sont sans doute un petit peu échauffés, on a fait une sorte de guerre d'éthique", a commenté Noël Mamère en notant que cet épisode intervenait peu de temps avant un congrès des Verts.
"Nous sommes trois malheureux députés Verts à l'Assemblée alors que nous représentons à peu près aujourd'hui 10% de l'électorat", a-t-il compté. "Donc je pense que ce serait suicidaire que de vouloir interdire à l'un des trois députés Verts que je suis de vouloir se représenter".
Noël Mamère a assuré être "un fervent défenseur de la limitation du cumul des mandats". "Mais pour l'instant, nous ne sommes pas suffisamment installés dans le paysage politique pour nous permettre d'appliquer toutes les règles de notre code", a considéré le député-maire. AP
Source : Marianne (du 4 au 10 novembre 2006)
"Les Verts ont refusé d'accorder leur investiture à Noël Mamère pour les prochaines élections légilsatives, au motif qu'il est maire de Bègles et que les règles du parti écologiste interdisent le cumul.
Logique verte: la majorité qui s'est constituée contre Noël Mamère défend l'indépendance des Verts vis à vis du PS et le député de la Gironde est le seul à ne pas devoir son siège à un cadeau des...socialistes !"
Source : Marianne du 4 au 10 novembre 2006
Jean Michel Marchand, maire vert de Saumur, envisage de se rapprocher du PRG.
L'organisation de Jean-Michel Baylet, fort de son accord avec le PS pour les légilsatives, pourrait lui donner une investiture, et accepter un cumul des mandats interdit par les écolos.
Noël Mamere, député-maire de Bècles, n'a pas, lui non plus, reçu l'investiture de son parti.