Rassemblement écologiste

Jeudi 1 juin 2006

Ecologie. Nicolas Hulot regrette le peu de poids des écologistes au sein des gouvernements :

«Un vice-Premier ministre pour l'environnement»

par Alain AUFFRAY
Libération QUOTIDIEN : jeudi 01 juin 2006

Nicolas Hulot, producteur de l'émission Ushuaïa et animateur de la fondation qui porte son nom, interpelle les candidats à la présidentielle. Après avoir refusé deux fois le ministère de l'Environnement, que lui offrait Chirac, il a renoncé à être lui-même candidat en 2007. Il craint que la division des candidatures écologistes ne les affaiblisse.

Vous étiez lundi l'invité du ministre de l'Intérieur. Serez-vous en 2007 l'alibi écolo de Sarkozy ?

Nicolas Sarkozy m'a proposé de parler devant l'ensemble des préfets. Pour moi, c'était une occasion inespérée de toucher des relais essentiels. Les préfets font la police de l'environnement. Ils sont en première ligne pour l'application de l'arsenal législatif, qu'il s'agisse de la mise en oeuvre de Natura 2000 (1) ou de la lutte contre les nitrates en Bretagne.

Que leur avez-vous dit ?

Que nous vivons en surrégime. On produit plus que la Terre ne peut donner, et l'empreinte écologique de l'homme n'est plus supportable. Envisager le développement durable, c'est se demander comment ne pas spolier les générations à venir. La clé, selon moi, c'est le découplage entre croissance économique et croissance matérielle, avec la mise en place d'une fiscalité écologique fondée sur l'énergie et non plus sur le travail.

Cela nécessite-t-il la présence d'écologistes au gouvernement ?

L'expérience montre que les ministres peuvent se retrouver impuissants. Dominique Voynet et Serge Lepeltier nous ont dit la même chose : «Au gouvernement, j'étais le seul écolo.» Un ministre, aussi compétent soit-il, ne suffit pas. C'est pourquoi je propose qu'en 2007 il y ait dans le gouvernement un vice-Premier ministre chargé de l'Environnement durable. Si on veut se mettre en ordre de marche, il faut forcément une coordination au plus haut niveau.

Qu'en disent vos interlocuteurs ?

Les responsables des deux grands partis, PS et UMP, ont accueilli favorablement cette proposition. François Hollande trouve que c'est une bonne idée, et Nicolas Sarkozy me dit : pourquoi pas ?

A-t-on besoin, en 2007, d'un candidat écologiste ?

Oui, malheureusement. Il est là pour combler un vide sidéral. Il faut reconnaître que les écologistes ont été des défricheurs. Sur ces questions, les grands partis sont totalement désinvoltes. A droite comme à gauche. Les Verts, pour Jospin, c'était d'abord une question stratégique. Il a pris Voynet dans son gouvernement pour élargir son assiette électorale.

N'êtes-vous pas vous-même tenté de vous présenter ?

On m'a approché. J'y ai réfléchi. Et, tout compte fait, l'aventure m'a paru trop hasardeuse. Il faudrait sortir de cette logique de rapport de forces qui veut que les gouvernements ne fassent de l'écologie que si le candidat des écologistes fait de bons scores. Moi, je m'adresse à Hollande, à Sarkozy, à Bayrou, et je leur dis : quel que soit le score des écologistes, vous devez prendre les mesures qui s'imposent.

Pourquoi pas un candidat unique des écologistes ?

Au fond, ce qui sépare les candidats déclarés ­ Corinne Lepage, Dominique Voynet et Yves Cochet ­ est infime. Il faudrait, c'est vrai, une candidature unique. Une candidature non dogmatique. Mais je crains qu'on soit mal parti.

Pourquoi les écologistes restent-ils si marginaux en politique ?

Parce que les intellectuels sont très en retrait. On ne les entend pas, on ne les lit pas. Ils se conduisent comme s'ils étaient immunisés contre le changement climatique. La mutation écologique, c'est le plus grand défi auquel l'humanité ait été confrontée. Le défi humaniste par excellence. Car, dans cette crise, les premiers qui trinquent sont les pays du Sud. Avec le réchauffement, ils vont subir les désordres que nous aurons provoqués.

(1) Cartographie des zones protégées en Europe, ndlr.

Par Victor
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Lundi 19 juin 2006
Les Verts refusent de s'ouvrir aux autres écologistes
 
LE MONDE | 19.06.06 | 15h05  •  Mis à jour le 19.06.06 | 15h05

"En finir avec le bordel." C'est en ces termes que le conseil national des Verts, réuni les 17 et 18 juin à Paris, a décidé de mettre fin à la cacophonie produite par des primaires internes qui n'ont pas pu départager les deux candidats - Dominique Voynet et Yves Cochet - à la candidature Verte pour la présidentielle de 2007. Le parti écologiste va donc organiser au plus vite un nouveau second tour entre les deux postulants arrivés à quasi-égalité le 30 mai. Et lancer sa campagne avant toute initiative d'"assises de l'écologie politique" réclamées par certains.
 
Trois jours après l'annonce, le 14 juin, par José Bové dans Libération de sa candidature de rassemblement à gauche du PS, la direction des Verts a souhaité mettre fin à tout espoir de ses partisans de voir le parti écologiste soutenir le leader altermondialiste. Un certain nombre de dirigeants de la gauche des Verts ont tenté, dans une motion défendue par l'adjoint au maire de Paris Yves Contassot, de pousser à l'organisation d'"assises de l'écologie et de la transformation sociale" en partenariat avec "d'autres forces écologistes et la mouvance altermondialiste" afin de déboucher sur des primaires en vue de désigner un candidat de l'écologie. Mais ils ont dû déchanter. Le conseil national s'est contenté de souhaiter que cette rencontre permette de "réfléchir ensemble" pour "prendre des initiatives communes".
 
"Quand on a un programme et un candidat, il n'y a qu'une chose à faire, c'est faire campagne", a lancé le député de Paris Yves Cochet. "Entre une candidate PS choisie par sondage et un Bové noyé dans un grand n'importe quoi avec le PCF et la LCR, personne d'autre que nous ne parlera d'écologie", a renchéri la sénatrice de Seine-Saint-Denis, Dominique Voynet.
 
L'idée du député européen Jean-Luc Bennahmias de proposer des assises "allant de Nicolas Hulot, Corinne Lepage à José Bové" n'a pas non plus convaincu. "Nous ne nous adressons pas à l'extérieur pour dire : "Nous n'avons pas su choisir, aidez-nous"", s'est agacée la responsable aux élections Mireille Ferri. "Les primaires n'ont pas d'autre intérêt que de remettre en cause les Verts en tant que parti", assurait de son côté Barbara Pompili, membre du conseil national, proche de M. Cochet. "On ne casse pas avant de reconstruire", notait encore Jacques Archimbaud conseiller de Mme Voynet. Les Verts désigneront donc seuls leur champion qui devrait être connu le 18 juillet.

Sylvia Zappi
Article paru dans l'édition du 20.06.06
Par Victor
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Jeudi 22 juin 2006

jeudi 22 juin 2006, 13h30

Débats au sein de l'écologie politique française

Par Jean Claude BENARD,

Cet article a été rédigé par un reporter d'AgoraVox, le journal média citoyen qui vous donne la parole.

Mardi soir, EcoRev' et Jacques Boutault, maire du 2e arrondissement de Paris, organisaient un débat à la mairie du 2e arrondissement de Paris avec Corinne Lepage (Cap 21), Yves Cochet et Dominique Voynet (Les Verts), Franck Pupunat (Utopia, PS) et (sous réserve), José Bové (Via Campesina).

Le thème en était : "Au-delà des stratégies politiques, quels sont les projets des différents tenants de l'écologie politique ? Quelles urgences ? Sur quels sujets s'opposent-ils et se retrouvent-ils ? Jusqu'où réformer les systèmes économiques et politiques ?".

L'idée de voir sur une même tribune trois anciens ministres qui sont de plus les leaders actuels de l'écologie politique et peut-être de les entendre confronter leurs points de vue était, vous l'avouerez, alléchante. Je m'y suis donc rendu.

Malgré la présence de la quasi-totalité des intervenants, un murmure passe dans les rangs des citoyens participants : « Est-ce qu'il va venir ? » Il, c'est José Bové qui, joint au téléphone, a dit qu'il ferait son possible pour être présent.

L'un des intervenants en prenant place à la table le dit aux autres : "On va laisser une place pour José."

Bien qu'assis côte à côte, Dominique Voynet et Yves Cochet semblent un peu tendus. On le percevra pendant leurs interventions, chacun commençant par « Je ne partage pas totalement la vision de... ». Corinne Lepage donnera le départ de la conférence-débat avec la maîtrise qu'on lui connaît, et il faudra quelques longues secondes pour que quelqu'un veuille bien lui succéder. Franck Pupunat, lui, présente Utopia et le rôle que son mouvement (1% au dernier Congrès socialiste) essaye de jouer à l'intérieur du PS en termes d'écologie et d'économie durable.

Leur vision exprimée, une question leur est posée : « L'écologie politique est-elle une réalité et peine-t-elle à prendre sa place auprès des électeurs ? »

Réponses unanimes : plus de 60 % des Français apprécient et soutiennent les causes écologistes, mais peu sont prêts à voter pour les soutenir.

C'est Yves Cochet, de sa voix de stentor, qui propose une réponse à cet état de fait : "Il faudrait un événement de grande importance pour que les gens prennent enfin conscience !" On craint le pire, mais il se reprend : "N'ayez crainte, je n'envisageais pas dans mes propos une grande catastrophe... " Ouf !

Les autres intervenants seront moins radicaux et indiqueront que la route est encore longue et que le vote « utile » est en partie responsable de la situation. On se met immédiatement à penser au deuxième tour de la présidentielle de 2002 !

A la question : "Et si vous étiez élu, quelles mesures immédiates prendriez-vous ?"

Yves Cochet n'y va pas par quatre chemins : il faut des mesures radicales pour éradiquer le carbone et mettre en place le changement dans les habitudes des citoyens. Tout en regrettant que les efforts allemands pour sortir du nucléaire et des énergies fossiles depuis quatorze ans ne leur permettent toujours pas d'autonomie énergétique, il se lance dans la présentation de quelques mesures.

Afin de mettre fin à la précarité, il propose de verser à tous les Français un revenu minimum qu'il qualifie de citoyen, qui serait de l'ordre de 600 € par mois.

Dans un autre genre, il propose, pour combattre l'inégalité des Français devant le prix des carburants, de mettre en place des « quotas » identiques pour chaque automobiliste. Une fois le quota dépassé, allez hop, à pied !

Evoquant à nouveau la précarité, il parlera des villes situées du « mauvais côté » du périphérique, prenant comme exemple une ville du 93 (croche-pied à Dominique Voynet sénatrice de ce département ?) reprenant en cela la vision des écologistes parisiens sur les « sauvages » de banlieusards.

Dominique Voynet sera, quant à elle, beaucoup plus modérée dans ses déclarations, insistant plutôt sur la PAC européenne et ses subventions qui étouffent les producteurs des pays en développement. En clair, elle supprimerait toutes les subventions injustifiées. Elle propose également de supprimer toutes les subventions à l'industrie pétrolière pour les reporter sur la recherche en énergies renouvelables. Elle présentera un très court plaidoyer pour l'économie sociale et solidaire, expliquant que les initiatives (micro crédit et aides à la création) en région Nord ont créé plus d'emploi que l'usine Toyota.

Corinne Lepage, quant à elle, après avoir regretté que nos actuels dirigeants envisagent des privatisations des groupes énergétiques au plus mauvais moment, affirmera la nécessité d'une rupture rupture avec les énergies fossiles, regrette de ne pas trouver dans le programme de l'UMP la moindre ambition dans le domaine de l'écologie, et trouve que celui du Parti socialiste se contente de vagues intentions. Reprenant l'idée d'Yves Cochet sur le revenu minimum citoyen, elle s'appuiera sur le déficit actuel de la France pour la réfuter.

Franck Pupunat aura bien du mal à expliquer comment, appartenant aux instances du Parti socialiste, il pourrait influencer celui-ci, mais pense que la pédagogie est fondée sur la répétition.

Puis deux questions fatales surgiront : "Comment l'écologie politique peut-elle régler le problème du chômage de masse ?" et "Les écologistes doivent-ils présenter un seul candidat ?"

Sur le chômage, entre Corinne Lepage qui lira une estimation fournie par des experts européens et Dominique Voynet qui lancera tout à trac le chiffre de 200 000 emplois qui pourraient être créés, nous resterons sur notre faim.

En ce qui concerne une candidature unique, dans la mesure où les deux candidats des « Verts » sont en pleine campagne, que Franck Pupunat est au Parti socialiste et que Corinne Lepage ne semble pas faire l'unanimité, quelqu'un lancera sous les huées le nom de Nicolas Hulot.

En clair, le culte de la personnalité ne sera pas de mise chez les dirigeants écologistes. Une question du public concernant le fait que les deux "Verts" sont clairement engagés dans le camp de la gauche et que Corinne Lepage a été ministre d'Alain Juppé ne fera pas recette, et aucune voix ne s'élèvera pour proposer que José Bové puisse être le candidat unique. Mais au fait, il est 21h et la fin de la réunion est proche, mais la chaise de José est restée vide.

Pour moi, il reste deux questions : l'écologie politique est-elle une réalité ou un concept ? Et pourquoi José Bové n'est-il pas venu ?

Par Victor
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Dimanche 16 juillet 2006

Le programme des Université des Verts est en ligne. On peut notamment noter la présence de Corinne LEPAGE présidente de CAP21 à une table ronde.

Faut-il y voir un signe de rassemblement futur des écologistes ?

A suivre

Accéder au programme :

http://print.lesverts.fr/je2006/programme.pdf

Par Victor
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Mardi 18 juillet 2006

Sources : Alph&vert 11/07/06

Ce texte se veut une démarche constructive pour rassembler les composantes éparses de l'écologie politique. C'est une invitation à la réflexion, au débat et à l'action au sein des Verts et au-delà que nous vous invitons à soutenir en signant cet appel et en le diffusant autour de vous sur les listes de discussion internes (régionales, départementales, locales, intra courants,…).

Nous proposons de tendre la main aux autres écologistes dans le respect des convictions spécifiques des uns et des autres et dans une volonté d'ouverture.

Cet appel est sans exclusive et transcende tous les courants des Verts. Plus vous serez nombreux à le signer plus nos représentants seront obligés d'en tenir compte lors des décisions à prendre des prochains mois. Alors, saisissez cette chance de vous faire entendre !

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Par Victor
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Lundi 31 juillet 2006

PARIS (AFP) - Yann Wehrling, numéro un des Verts, a exhorté dimanche l'animateur Nicolas Hulot à "travailler" et "discuter" avec son parti.

"Il faut qu'on travaille ensemble pour renforcer la portée du message écologiste", a déclaré le secrétaire national des Verts, interrogé par l'AFP sur les déclarations de l'animateur écologiste.

Alors que les Verts ont désigné, à l'issue d'un processus compliqué, leur championne pour 2007, la sénatrice Dominique Voynet, Nicolas Hulot n'a pas exclu de se présenter à la présidentielle pour alerter sur les menaces du réchauffement climatique.

"Je fais évidemment le même constat que lui: la classe politique n'a absolument pas pris conscience des enjeux d'aujourd'hui", a souligné M. Wehrling.

"Il faut chercher l'unité des écologistes et j'invite Nicolas Hulot à venir discuter avec la force politique qui dit pleinement et entièrement ce qu'il dit : les Verts", a ajouté le responsable.

Il a renouvelé l'invitation qu'il indique avoir déjà adressée à l'animateur : se joindre aux journées d'été des Verts, fin août.

"Sinon, on se verra plus tard", a encore commenté M. Wehrling, pour qui il importe de "renforcer le mouvement écologiste" plutôt qu'envisager "une candidature supplémentaire qui ne ferait que rendre un peu plus inaudible notre discours".

"A un moment, tous les écologistes doivent se retrouver pour travailler ensemble", a encore dit le numéro un Verts.

Par Victor
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Mercredi 2 août 2006
Un souffle Hulot sur la planète écolo
L'éventuelle candidature en 2007 du producteur d'«Ushuaia» déstabilise les Verts.
Par Matthieu ECOIFFIER
QUOTIDIEN : Mercredi 2 août 2006 - 06:00
     
 
Nicolas Hulot qui se met sur orbite pour l'Elysée et la planète écolo tremble. L'annonce dans le Journal du dimanche du 30 juillet de son éventuelle candidature à la présidentielle de 2007 pour dénoncer l'atonie des politiques face au «péril climatique» provoque moult remous chez les Verts. A peine pourvus d'une candidate, Dominique Voynet, qui a finalement remporté d'une courte tête le duel avec Yves Cochet, et voilà le principal parti écologiste renvoyé à sa difficulté à exister dans l'opinion.
 
«Les écologistes, faute de privilégier une démarche unitaire, sont inaudibles», balance Hulot. En relançant l'idée, défendue notamment par Jean-Luc Bennahmias, élu vert européen, d'une candidature unique regroupant les écolos de gauche, de droite, et ceux qui se placent comme lui hors des clivages traditionnels, le producteur d' Ushuaia appuie là où ça fait mal : dans les sondages, Voynet plafonne à environ 2 % d'intentions de vote.
 
Bové, Voynet, Waechter et Lepage sur un même bateau avec à la barre le capitaine Hulot ? L'hypothèse plaît surtout aux partis groupusculaire : «Nicolas Hulot est aujourd'hui le seul à pouvoir réunir sur son nom tous les partis se réclamant de l'écologie. [...] La candidature unique est la meilleure manière de promouvoir le changement de cap», a réagi Antoine Waechter, président du Mouvement écologiste indépendant. Même son de cloche à Génération écologie.
Mais chez les Verts ça tangue. Difficile pour eux d'ignorer l'ex-gourou écolo de Chirac et ses millions de téléspectateurs. Yann Wehrling, le secrétaire national du mouvement, l'a invité à venir «travailler» aux Journées d'été à Coutances (Manche), fin août.
«C'est bien que Hulot prenne la parole, juge Denis Baupin. Le dérèglement climatique, c'est la priorité. Mais on a l'impression que les politiques s'en tapent. Que Hulot soit plus entendu que nous quand il le dit, nous interpelle. Qu'est-ce que les Verts doivent changer pour se faire entendre ? Notre parti est trop petit et trop pris dans son fonctionnement interne pour déployer l'énergie nécessaire à l'extérieur, être à la hauteur de l'espace de l'écologie politique.» L'adjoint vert du maire de Paris milite pour que «l'ensemble des écolos politiques et associatifs s'engage sur une plateforme de dix priorités pour 2007-2012 : dérèglement du climat, crise pétrolière, biodiversité...» 
«Quid des sans-papiers, de l'égalité des droits, de l'Europe, des conséquences d'une politique de décroissance énergétique sur les relations Nord-Sud et le conflit au Proche-Orient ? Sur ces questions, Hulot c'est un gros point d'interrogation», note Cécile Duflot, représentante de l'aile gauche des Verts. «Sur l'écologie écologisante, on est d'accord avec Hulot. Mais cela ne constitue pas un programme. Lorsque Hulot était proche de Chirac, le président faisait des déclarations vibrantes à l'international, mais la politique de son gouvernement était nulle, rappelle Yves Cochet, député de Paris. Qu'il pousse à la roue en tant qu'écolo, en tant que star, c'est très bien. Il faut qu'il discute avec Voynet à Coutances. Sinon, il rajoutera de la division aux divisions qu'il déplore.» 
L'autre ex-caution écolo de la droite, Corinne Lepage, se rendra aux Journées d'été des Verts. L'ex-ministre de l'Environnement de Juppé, candidate en 2007 pour Cap 21, se dit prête à signer une plate-forme «si ses propositions sont assez novatrices pour ne pas être reprises par l'UMP, l'UDF ou le PS». L'avocate des maires anti-OGM concède qu' «Hulot a eu raison de secouer le cocotier. Il est indispensable sur le plan médiatique». Mais embarrassant sur le terrain politique.
 
Par Victor
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Mercredi 2 août 2006
Les Verts embarrassés par Nicolas Hulot
LE MONDE | 01.08.06 | 14h06  •  Mis à jour le 01.08.06 | 14h06

L'annonce d'une éventuelle candidature de Nicolas Hulot à l'élection présidentielle de 2007 sème le trouble dans le camp des écologistes et notamment chez les Verts.

 

Dans l'entretien qu'il a accordé au Journal du dimanche du 30 juillet, M. Hulot s'en prend à la classe politique, coupable à ses yeux de "se désintéresser du péril climatique, la plus grande menace qui ait jamais pesé sur l'humanité". Il cible également les "écologistes" : "Faute de privilégier une démarche unitaire, ils sont inaudibles".

Bien que l'hypothèse de sa candidature n'ait pas encore été testée auprès de l'opinion, les instituts de sondage pourraient renforcer M. Hulot dans son initiative.

"Il fait partie des personnalités préférées des Français, classé quatrième en juillet 2005 et huitième en décembre. Il peut se targuer d'une visibilité et d'une popularité réelle, alors que les Verts, le parti chargé de répondre à l'attente en matière d'environnement, est au plus bas dans les sondages", relève Jérome Fourquet de l'IFOP.

"Il a une image personnelle qui lui donne une légitimité, dit Stéphane Rozès, de l'Institut CSA. Son nom est associé à des batailles planétaires. Il a tenté d'intervenir auprès de l'Elysée et, sans être associé au gouvernement, il a semblé avoir une influence. Alors que les Verts restent marqués par leur ancrage à gauche, il peut se situer sur un espace plus large."

A peine remis des conflits internes après l'élection de Dominique Voynet à la candidature de l'élection présidentielle (Le Monde du 20 juillet), les Verts ont accueilli diversement l'intrusion de M. Hulot dans le débat politique qui remet sur le tapis la question d'une candidature unique des écologistes.

Yann Wehrling, secrétaire national, a aussitôt saisi la perche en invitant l'animateur à "travailler ensemble et continuer à discuter pour renforcer la portée du message écologiste". Mais il estime que "l'annonce de cette candidature est anecdotique. L'essentiel est que les écologistes se retrouvent pour peser dans les débats".

Pour avoir proposé sans être entendu "des assises allant de Nicolas Hulot, Corinne Lepage, à José Bové en passant par Marc Jolivet et Stéphane Pocrain", Jean-Luc Bennahmias, député européen, voit la confirmation du bien-fondé d'une candidature unique des écologistes. Il attend d'ailleurs de Mme Voynet qu'elle prenne une initiative en ce sens à la rentrée, "si l'on veut que les grands thèmes porteurs et que les préoccupations des Français dépassent les 3 % du score habituel des Verts à la présidentielle".

Plus sceptique, Yves Cochet, député de Paris et candidat malheureux à l'investiture des Verts, s'interroge : "Nicolas Hulot n'occupe pas le même espace que nous. A partir du moment où il franchit la ligne rouge du débat politique, il s'expose à sortir de son domaine privilégié de l'environnement. On aimerait savoir ce qu'il pense en matière d'éducation, d'économie, de justice... Mais s'il veut venir discuter avec nous, nous sommes prêts à l'entendre."

Ce pourrait être l'occasion lors des journées d'été organisées par les Verts à Coutances (Manche) à la fin du mois d'août auxquelles M. Hulot a été invité à participer.

Michel Delberghe

Article paru dans l'édition du 02.08.06
Par Victor
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Mercredi 2 août 2006
Parce que les candidats à la prochaine élection présidentielle en France ignorent le péril climatique, Nicolas Hulot « n'exclut pas » de se porter candidat en 2007.

Il évoque aussi le fait que « les écologistes ne sont pas audibles ».

Une telle candidature aurait le mérite de poser enfin clairement la fonction des « Verts » dans la vie politique française. Ils représentent désormais le dernier parti politique dogmatique plus proche de l'idéologie communiste que des propositions liées aux vraies questions d'environnement. Cette situation explique le retard considérable pris par les municipalités françaises en matière d'environnement.
Par Victor
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Samedi 5 août 2006
Par Matthieu ECOIFFIER
QUOTIDIEN : Samedi 5 août 2006 - 06:00
 
Il juge les écologistes, de droite comme de gauche, «inaudibles» car divisés. Nicolas Hulot, qui se verrait bien tous les rassembler sous son nom à la présidentielle, va aller débattre avec les Verts. Son invitation aux journées d'été, fin août à Coutances (Manche) a été validée vendredi par la direction du parti. Le producteur d' Ushuaia , qui menace de se présenter pour alerter sur le «péril climatique», a donné son accord. «Etant donné son emploi du temps très chargé il viendra le 27 août au matin. On invitera Corinne Lepage et José Bové le même jour», confirme Yann Wehrling. L'occasion pour ces acteurs de l'écologie politique de discuter, constater leurs convergences. Voire «aboutir à une série de propositions de réformes concrètes sur le climat, la biodiversité, la pauvreté et l'environnement au coeur du développement durable», espère le secrétaire national des Verts.


http://www.liberation.fr/actualite/politiques/197208.FR.php
Par Victor
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