L'après-campagne

Lundi 23 avril 2007
LE MONDE | 23.04.07 | 13h22
 
Elle voulait peser face à un PS "arrogant" et faire reconnaître les Verts comme seul parti écologiste après le retrait de Nicolas Hulot. En obtenant 1,57 % des voix, Dominique Voynet a, à l'évidence, perdu son pari.

En donnant à son parti son plus mauvais score depuis sa création - Antoine Waechter avait obtenu 3,78 % en 1988, Mme Voynet 3,32 % en 1995 et Noël Mamère 5,31 % en 2002 -, l'ancienne ministre de Lionel Jospin subit un revers magistral. Placée derrière Olivier Besancenot et Marie-George Buffet, elle perd l'espoir de représenter la deuxième force à gauche, comme les Verts le prétendaient en 2002. "Si les Verts sont laminés, on aura combien d'EPR, de semis OGM, d'incinérateurs ou d'autoroutes ?", avait-elle prévenu la veille du premier tour pour mieux conjurer la tentation du vote utile. Sans succès.

La candidate a eu beau se féliciter, dimanche soir, que ses électeurs aient "bravé le matraquage médiatique" et ne se soient pas "laissé dicter leur vote par des sondages", elle n'a pu masquer son échec à convaincre de la spécificité de son parti au sein de la gauche. Prenant acte du choix fait "par une majorité d'électeurs écologistes", Mme Voynet a appelé "sans ambiguïté" à voter pour Ségolène Royal le 6 mai.

Une bonne partie de son électorat a en effet opté pour la candidate socialiste, qui avait affiché sa "sensibilité" environnementale. Ségolène Royal s'était même adjointe dans sa campagne d'anciens Verts comme Aurélie Filipetti, Stéphane Pocrain ou l'ex-directeur de Greenpeace France, Bruno Rebelle.

"L'électorat Vert a préféré voter Ségolène Royal ou François Bayrou", reconnaissait la porte-parole Anne Souyris, mais "cette élection ne signifie pas une cote d'amour ou de désamour de l'écologie." "Ce n'est pas bon pour les Verts, admettait de son côté Noël Mamère. Nous avons payé au prix fort la volonté massivement exprimée par les Français de remiser dans les placards de la République le mauvais souvenir du 21 avril (2002)."

"ON SERA LÀ DEMAIN"

L'argument du vote utile revenait ainsi en boucle au Lavoir moderne, à Paris, où les militants se sont retrouvés dimanche soir. Le score de "Dominique" n'est pas à la hauteur de ce que les Verts représentent "réellement", répétaient-ils. L'élection présidentielle a toujours été un exercice difficile pour ce petit parti, insistaient certains cadres qui rappelaient les scores plus conséquents obtenus aux élections municipales ou régionales.

Face à l'échec, les dirigeants ont donc opté pour la méthode Coué en espérant rebondir lors des législatives. "C'est un accident politique, ce n'est pas une catastrophe. On est là et on sera là demain", martelait ainsi la secrétaire nationale Cécile Duflot. Même optimisme chez Yann Wehrling : "Pour les législatives, il est possible que les électeurs reviennent dans le giron", voulait croire le porte-parole.

Les proches de la candidate espèrent toujours avoir une oreille attentive du côté du Parti socialiste. Mais, prévient Denis Baupin, adjoint au maire de Paris, si "Ségolène Royal veut garder les Verts qui se sont sentis obligés de voter pour elle et récupérer ceux qui ont voté Verts, elle doit reprendre les idées des écologistes". "Nous sommes disponibles pour construire une majorité parlementaire, mais sur un projet", ajoute-t-il.

Pour l'heure, il n'en est pas question, affirme cependant l'entourage de Mme Royal. "On n'est pas dans la discussion de parti à parti", a précisé, dimanche soir, François Rebsamen, son directeur de campagne.

Laetitia Van Eeckhout et Sylvia Zappi

Par Victor
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Lundi 23 avril 2007
Libération - 23/04/07
Cela aurait pu être encore pire. Malgré leur minuscule 1,5 %, il restait hier aux écologistes au moins une raison de ne pas désespérer. Voynet est écrasée comme tous les autres petits candidats. Et fait jeu égal avec Arlette Laguiller et José Bové. A en croire les estimations de 21 h 30, l'ex-ministre de l'Environnement était légèrement devant le leader alter-mondialiste.
La candidate des Verts se dit «massivement victime du matraquage en faveur du vote utile». Ce qui ne l'a pas empêché d'appeler à voter au second tour pour Ségolène Royal. «Les électeurs écologistes auront envie de contribuer à une dynamique unitaire si elle prend en compte un certain nombre de [leurs] préoccupations», a-t-elle ajouté.
Où sont passés les électeurs qui donnèrent plus de 5 % des suffrages à Noël Mamère en 2002 et qui renforcèrent encore ce succès en 2004 aux élections régionales et européennes ? Ils ne sont pas allés chez José Bové, comme croyaient pouvoir l'annoncer les leaders de l'aile gauche des Verts. Ils se sont massivement portés sur Ségolène Royal, sans doute aussi sur François Bayrou. Dans son malheur, Dominique Voynet y verra une consolation. La preuve est faite que le vote écologiste est essentiellement un vote réformiste.
Mercredi, la réunion du parlement du parti (le Cnir) s'annonce houleuse. On voit mal comment ceux qui ont soutenu Bové pourront retrouver leur place dans le parti qui, selon toute vraisemblance, va se prononcer comme la candidate pour une alliance avec la socialiste Ségolène Royal. Avec les discussions pour les élections législatives en ligne de mire. D'autres voix pourraient revendiquer la nécessité de discuter avec Bayrou de la constitution d'un pôle écolo-socialo-centriste, que l'eurodéputé Daniel Cohn-Bendit, par exemple, appelle de ses voeux.
Jean-Luc Bennahmias, député européen favorable à une candidature de Nicolas Hulot, se voyait hier soir conforté dans ses regrets : «Si Hulot avait été candidat, il aurait pris une grande partie des 18 % qui se sont portés sur François Bayrou.» 
Par Victor
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Lundi 23 avril 2007

Reuters, 23/04/07

PARIS (Reuters) - Daniel Cohn-Bendit a estimé lundi que Ségolène Royal perdrait la présidentielle si elle se laisse enfermer dans un clivage droite-gauche.

Ségolène Royal et Daniel Cohn-Bendit (R) le 9 mars 2006 à Vienne en Autriche"C'est difficile pour elle", a déclaré le député Verts européen sur i-Télé. "Si Ségolène Royal se laisse enfermer dans un droite-gauche - c'est ce que veut (Nicolas) Sarkozy - elle a perdu. Elle perdra honorablement, elle fera 46, 47, même peut-être 48% mais elle ne peut pas gagner."

L'ancien leader de Mai 68, qui avait dit avant le premier tour être pour une alliance entre le Parti socialiste, les Verts et l'UDF, a estimé qu'"une partie de l'électorat français", souhaitait dépasser "le système droite-gauche tel qu'il existe".

"Si Ségolène Royal veut gagner, elle doit dire : j'ai compris. Non à la France de l'UMP et je ne veux pas d'une France PS", a déclaré Daniel Cohn-Bendit.

"Je crois que la gauche doit dire ce n'est pas un combat droite-gauche. Ce sont les valeurs de la démocratie contre un système de la Ve République qui est arrivé à son terme", a ajouté celui qu'on surnommait "Dany le Rouge".

"Si elle arrive à dépasser ce clivage droite-gauche, je crois qu'elle a une chance de gagner", a-t-il ajouté.

Pour Daniel Cohn-Bendit, le système politique français ne permet pas pour autant de lancer un appel en bonne et due forme à François Bayrou pour qu'il rejoigne la gauche.

"La Ve République ne permet pas - si on était dans un pays démocratiquement normal, ça se passerait autrement - de véritable compromis politique où des partis avec en partie des programmes différents se mettent d'accord pour un programme de gouvernement", a-t-il dit, en faisant allusion à l'Allemagne.

Par Victor
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Lundi 23 avril 2007

LE MONDE | 23.04.07 | 10h44

La rencontre n'était pas faite pour être discrète : elle était organisée au siège du Parti socialiste, rue de Solférino. Peu après minuit, dimanche 22 avril, alors que Ségolène Royal décollait de l'aéroport de Niort pour rejoindre Paris, François Hollande a reçu, en compagnie de la conseillère (ex-Verte) de la candidate Aurélie Filippetti, le député Vert allemand Daniel Cohn-Bendit et son frère Gaby. "Il y en a qui se sont précipités ici", souriait à l'issue de la rencontre le premier secrétaire du PS.

Au menu de la discussion : la stratégie à adopter pour attirer l'électorat centriste de François Bayrou. Aux élections européennes de 1999, Daniel Cohn-Bendit avait montré qu'il séduisait l'électorat urbain et ceux que l'on a depuis appelés les "bobos". A François Hollande, il a donc souhaité apporter ses convictions et donner quelques conseils.

Le député européen en est persuadé : son ami François Bayrou n'appellera ni à faire barrage à Nicolas Sarkozy ni à voter Ségolène Royal. Sur ce point, François Hollande est d'accord : "Il n'y a rien à attendre de Bayrou, il n'appellera pas à voter pour nous." "Dans le fond, lui explique son interlocuteur, ce n'est pas si grave." Puisqu'il n'est pas question de bâtir des accords d'appareil, "ce qui compte, c'est de trouver le langage et les mots pour parler aux électeurs de François Bayrou. "Mon analyse, poursuit Dany , c'est que le personnage idéal, celui auquel les électeurs de Bayrou seraient le plus sensible, c'est Jacques Delors. Je pense aussi qu'il faut éviter de s'enfermer dans le traditionnel débat droite-gauche – sinon, Sarkozy a gagné." Pour finir, le député allemand recommande de s'appuyer sur certains thèmes : "changer de système", grâce notamment à une "proportionnelle conséquente", ou la promesse d'un "Etat impartial", car "si les Français sont très hésitants à se relancer dans un état UMP, ce n'est pas pour se réveiller avec un état PS".

L'Etat impartial ? C'est précisément le thème que Ségolène Royal a commencé à aborder dans la dernière ligne droite de la campagne et qu'elle se promettait de développer. Un thème qu'elle a mis en avant dans sa première réaction, à 21 h 35, depuis Melle, sa circonscription des Deux-Sèvres, où elle a attendu les résultats. Il y en a d'autres pour séduire les électeurs centristes. Elle les cite : le renouveau de la politique – "Je tends la main à toutes celles et ceux qui pensent qu'il est urgent de quitter un système qui ne marche plus"; et l'Europe – "Les Français seront appelés à se prononcer sur un nouveau traité européen…" A 1h30 du matin, à Paris, alors que Mme Royal, tout juste arrivée, vient de s'adresser aux militants restés rassemblés devant le siège du parti, M. Hollande tranche : "Bayrou, il ne faut plus s'en occuper, mais s'adresser à ses électeurs. Il faut que Ségolène leur envoie des messages, sur le fond, la proportionnelle, l'Europe, la décentralisation. Il faut qu'elle soit très écologiste." Depuis quelque temps déjà, la candidate cherche le moyen d'attirer à elle les 10 % d'électeurs potentiels dont avait été crédité Nicolas Hulot et qui, pour une bonne part, se seraient reportés sur François Bayrou. Un moment, contact avait même été pris avec l'écologiste Corinne Lepage, ancienne ministre d'Alain Juppé, avant qu'elle ne choisisse de rejoindre le candidat centriste. "Il faudrait la rappeler, elle déteste Sarkozy", a commenté à voix haute un membre de l'équipe Royal.

François Rebsamen, codirecteur de campagne de la candidate, a fait ses comptes : dans le socle de M. Bayrou, il y a, estime-t-il, 5 % d'électeurs de gauche "qui sont partis", et "5 % d'électeurs de droite qui ne veulent pas de Sarko". "C'est la clé de l'élection", juge M. Rebsamen. La bataille des 5%.

Ariane Chemin et Isabelle Mandraud
Par Victor
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Lundi 23 avril 2007

Propos recueillis par Alexandre Sulzer
20Minutes.fr, éditions du 23/04/2007

Au lendemain du premier tour de la présidentielle, Daniel Cohn-Bendit, député européen (Verts) nous donne ses recettes pour séduire l’électorat centriste…
 
Daniel Cohn-Bendit, vous avez rencontré François Hollande dans la nuit de dimanche à lundi. Qu’est-ce vous lui avez dit?
 
Je lui ai donné mon point de vue sur la situation, qui n’est pas forcément le sien et encore moins celui de Ségolène Royal. Je crois qu’il ne faut pas enfermer le débat dans une confrontation gauche-droite durant l’entre-deux tours car la victoire serait alors assurée pour Nicolas Sarkozy. Ce qu’il faut, c’est que le PS trouve des arguments pour transcender ce clivage et s’adresser aux centristes.
Concrètement, il faudrait que l’on puisse entendre Jacques Delors qui parle beaucoup à l’électorat centriste. Les électeurs de François Bayrou étant souvent catholiques, il faut rappeler les sorties sur la génétique de Sarkozy. Il faut mettre en scène le fait que le candidat UMP nous réserve une société de la confrontation alors que Ségolène Royal présente une candidature citoyenne.
 
Vous pensez qu’une alliance Verts-PS-UDF est envisageable dans la perspective du deuxième tour et des législatives?
 
Non, une telle alliance ne se fera pas. L’UDF restera sur un positionnement ni-ni. Ce que veut François Bayrou – qui a entendu la Vierge et se voit déjà Président en 2012 – c’est un groupe parlementaire qui lui permette d’accéder à l’Elysée. Mais Bayrou ne m’intéresse pas. Ce qui m’intéresse, ce sont ses électeurs.
 
Dominique Voynet, avec 1,57% des suffrages, a fait un mauvais score. La faute uniquement au vote utile?
 
Dominique a fait une campagne courageuse mais l’attelage du parti est lourd. Une refondation des Verts est nécessaire afin d’investir l’espace créé par Nicolas Hulot qui a dessiné un «possible écologique». Un positionnement simplement à gauche de la gauche ne  suffit plus. Il faut que nous comprenions que plusieurs voies sont possibles pour atteindre des objectifs écologiques. Ceux qui ont pensé que la réponse était José Bové dans le parti se sont trompés. Reste à organiser un grand débat sans a priori.

Par Victor
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Lundi 23 avril 2007

LEMONDE.FR | 23.04.07 | 10h18

extrait :

La nécessaire recomposition des Verts. Avec 1,57 % des voix pour Dominique Voynet, les écologistes sont atomisés. Ils n'ont jamais réussi à capitaliser sur le succès du Pacte écologique de Nicolas Hulot, alors que tous les candidats, pour la première fois, se réclamaient de la défense de l'environnement.

Une grande partie de l'électorat des Verts semble avoir été séduite par Ségolène Royal, une autre, plus marginale, se tournant vers José Bové. Le parti écologiste ne pouvait pas aborder les législatives de manière plus inconfortable. Il ne dispose d'aucune marge de manœuvre pour négocier avec le Parti socialiste, et s'expose au risque de perdre tous ses députés.

Déjà, lundi matin, des militants de l'intérieur et de l'extérieur des Verts appelaient à une recomposition du courant écologiste, avec les Verts, CAP 21 de Corinne Lepage, le Mouvement écologiste indépendant (MEI) d'Antoine Waechter et des associations.

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Par Victor
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Lundi 23 avril 2007

Marianne 2007 - 22/04/07

Les Verts, l'hémorragie électorale

Mais où sont donc passées les voix des Verts ? De 5,25% des voix recueillies par Noël Mamère en 2002, les voici aux alentours de 1,5% sur le nom de Dominique Voynet.

« La faute au matraquage inadmissible des partis et des sondeurs » a expliqué la candidate. Entendez, les électeurs Verts se sont portés sur la candidate socialiste.

Et si, comme l'indiquent les premiers résultats portant sur 70% des bulletins dépouillés, une partie significative de l'électorat écolo s'était portée sur François Bayrou, seul capable à leurs yeux de battre le candidat UMP au second tour ? Là où en 2002, à Paris, les Verts recueillaient 7% des voix, ils plafonnent aujourd'hui à 1,5% contre 21% pour Bayrou, 32% pour Royal et 34% pour Sarkozy.

Sur les coups de 20 heures, au QG des Verts, l'ambiance n'était pas vraiment à l'abattement. La satisfaction de voir le score de Le Pen réduit l'a emporté sur le désappointement. Demain, quand les scores seront analysés ville par ville, et que la défaite parisienne apparaîtra crûment, les visages s'allongeront peut-être. Car le risque est grand de voir le maire de Paris, Bertrand Delanoë, considérer que des alliés aussi bruyant ne pèsent finalement pas tant que cela. Les plus lucides des Verts redoutent aujourd'hui un renversement d'alliance au profit des centristes. Ce serait ajouter une déroute à une défaite.

Dimanche 22 Avril 2007

Jean-Claude Jaillette, rédacteur en chef

Par Victor
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Lundi 23 avril 2007
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Lundi 23 avril 2007
Par Victor
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Mardi 24 avril 2007

Les échos - 24/04/07

Les ex-formations de la gauche plurielle sorties laminées du premier tour ont appelé à voter Ségolène Royal. Les Verts rencontrent aujourd'hui le PS.

Sortis laminés des urnes dimanche, Verts et communistes sont face à une équation délicate. Les ex-partenaires de la gauche plurielle ont immédiatement appelé à voter pour Ségolène Royal, mais les discussions avec les socialistes qui pourraient s'ouvrir ces jours-ci s'annoncent compliquées. Le PS s'est dit hier prêt à les accueillir dans les rassemblements de soutien, mais François Hollande a affirmé que la recherche d'un contrat de gouvernement n'était pas à l'ordre du jour.

Les Verts ne veulent y voir qu'un « accident de parcours ». Pourtant le faible score de Dominique Voynet dimanche (1,5 %) assombrit l'horizon de la formation écologiste déjà dans une passe difficile. Plus que tout autre parti, les Verts ont payé au prix fort l'effet « vote utile » : à en croire les sondages, bon nombre des électeurs de Noël Mamère de 2002 se seraient tournés vers Ségolène Royal, voire même François Bayrou.

Autant dire que le Conseil national prévu demain s'annonce difficile pour un parti déjà régulièrement traversé de querelles intestines. Le problème financier est déjà évacué : les Verts, lucides sur leurs chances de passer le seuil des 5 % (au-delà duquel les partis sont remboursés), s'étaient résolu à une campagne économique (1,3 million). En revanche, la gestion des relations avec le PS devrait susciter plus de débat. La secrétaire nationale, Cécile Duflot, doit rencontrer aujourd'hui le Parti socialiste. Dominique Voynet n'exclut pas de s'engager davantage dans la campagne de Ségolène Royal ni plus tard, s'il y a lieu, dans un gouvernement. Mais les Verts, qui trouvent la candidate socialiste peu diserte sur les questions d'environnement, veulent la pousser à s'engager plus. Le pourront-ils, au vu de leur faible score ?

Un climat explosif

Avec 707.000 électeurs, le PCF est, quant à lui, passé sous la barre des 2 % de voix. Un score qui pose à nouveau la question de la survie d'un parti qui recueillait encore 15,3 % des suffrages à la présidentielle de 1981. Un conseil national - le « parlement » du parti - doit se réunir aujourd'hui. Il s'annonce mouvementé. Marie-George Buffet a déjà donné son interprétation : elle estime avoir été victime du « vote utile » en faveur de Ségolène Royal. Son directeur de campagne, Patrice Cohen-Seat, affirme, en outre, qu'« avec ses clins d'oeil au centre, la candidate socialiste a banalisé le vote en faveur de François Bayrou ».

Autant d'arguments qui sont loin de faire l'unanimité en interne : les tenants d'un rapprochement avec le PS, comme Robert Hue, ont durement mis en cause hier la stratégie de Marie-George Buffet. Opposés à la stratégie d'alliance antilibérale, les « orthodoxes » ont, eux, jugé la ligne du parti « inaudible et incompréhensible » et demandé l'organisation d'un congrès extraordinaire. Quant aux « refondateurs », ils étaient, dès le départ, opposés à une candidature communiste. C'est dans ce climat explosif de règlements de comptes que le PCF prépare les législatives. Cela s'annonce difficile même si ces élections lui sont traditionnellement plus favorables que la présidentielle.

Par Victor
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