Les Verts et Nicolas Hulot

Mercredi 3 janvier 2007

En trois semaines, mails et fax aux élus ont déjà permis de récolter 120 signatures d'élus, selon Gérard Feldzer, le «directeur de campagne» de Nicolas Hulot

Crédité de 9% à 10% d'intentions de vote dans les sondages, Nicolas Hulot se prépare à l'éventualité d'une candidature. Au cas où…. Fin décembre, ses proches ont donc discrètement lancé un appel aux signatures d'élus – il en faut 500 pour se présenter à la présidentielle -, «afin de créer les conditions d'un débat essentiel pour notre avenir commun».

Et c'est un succès. «En trois semaines, nous en sommes à 120 signatures. Pas mal pour un candidat non déclaré, alors que certains rament pendant un an», se félicite Gérard Feldzer. Ce proche de Nicolas Hulot, ancien pilote de ligne, a lancé courant décembre une première vague de contacts avec les élus. «J'ai envoyé 10.000 mails, explique-t-il, mais cela n'a pas donné grand-chose. Alors je vais relancer cette semaine, avec 20.000 fax» . Un site a même été ouvert à destination des élus, qui peuvent y télécharger un formulaire de parrainage.

Objectif : assurer une base de soutiens à l'animateur, au cas où il déciderait de se porter candidat. Une hypothèse qui, selon Gérard Feldzer, se précise chaque jour. «On est dans du 50/50, mais il n'a plus du tout peur d'y aller», explique-t-il.
Mercredi 03 Janvier 2007
IM
Par Victor
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Mardi 9 janvier 2007

de Bloc Notes de Franck Martin

La campagne de Dominique Voynet ne démarre pas, les sondages sont désespèrants pour les Verts. Ségolène Royal occupe un espace politique si large que la candidature Voynet a du plomb dans l’aile. Il se murmure de plus en plus que les Verts envisagent de se rallier à Nicolas Hulot.

Pourquoi pas ? Même si le constat d’échec est patent, puisqu’il apparait que des décennies d’action politique pèsent moins que l’aura d’un animateur télé, Hulot fera vivre le débat du premier tour sur la thématique écologique. Et ses propositions n’ont rien de choquant.

Mais la vraie question politique est : à qui se ralliera Hulot au second tour ? Les Verts ne peuvent guère admettre un ralliement à Sarkozy. Et l’absence de consigne de vote condamnerait définitivement l’idée que l’écologie est une politique. Un vertigineux retour en arrière attend les Verts au coin du bois.

Par Victor
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Jeudi 11 janvier 2007

Dans un appel à paraître demain dans Libération, Jean-Luc Bennahmias et deux autres eurodéputés Verts invitent les écologistes à se ranger derrière la candidature unique de Nicolas Hulot, une décision « nécessaire » pour lui. Une interview exclusive Marianne2007.info.

Marianne2007.info : Vous avez signé avec deux autres eurodéputés verts (Maire-Hélène Aubert et Marie-Anne Isler Béguin) un appel pour la candidature écologiste unique de Nicolas Hulot : pensez-vous pouvoir fédérer ce mouvement ?

Jean-Luc Bennahmias : Je ne sais pas si c'est possible mais je sais que c'est nécessaire. Quand les écologistes rassemblés font 14 % dans un sondage du JDD pour une élection nationale, c'est historique ! Si les candidats écologistes se divisent, on va tomber à 4 %. Cet appel sert à montrer que nous comprenons ce que disent les électeurs.

D'autres personnalités politiques se sont-elles déjà ralliées à votre appel ou ont-elles formulé le désir de le faire ?

Personne en dehors de nous trois pour l'instant. Mais des élus verts locaux m'ont fait part de leur projet. Je comprends qu'on ne réponde pas à ce genre d'appel sans en avoir discuté avec les instances du parti. J'ai fait circuler cet appel dans tous les réseaux écologistes, y compris associatifs, et j'attends des réponses des dirigeants.

Comment est perçue votre position « hulotiste » au sein de votre parti, les Verts ?

Pour certains des cadres dirigeants, je suis un traître qu'il faut virer le plus vite possible. Sur le fond de tout cela, je pense sérieusement que des centaines, si ce n'est des milliers, de militants écolos seraient tout à fait d'accord avec ce que nous faisons. Mais comme Hulot met du temps à prendre sa décision, ils n'ont pas envie de se mouiller au cas où ils ne se présente pas, et je comprends cette position.

Beaucoup reconnaissent à Nicolas Hulot le mérite d'avoir mis l'écologie au centre des débats de la campagne. La popularité d'un homme est-elle suffisante pour porter une candidature présidentielle ?

Si ce n'était pas le cas, je ne vois pas comment Ségolène Royal serait devenue candidate du PS et Nicolas Sarkozy candidat de l'UMP ! Une présidentielle, comme le disent beaucoup de personnes, c'est la rencontre entre un homme et une population. Des gens se réuniront derrière Nicolas Hulot, c'est faisable mais je ne dis pas que ça sera facile.

Est-ce que cette candidature ne risque pas faire exploser le groupe des Verts aux législatives ?

Les Verts sont une structure indestructible parce qu'il y a des militants et qu'elle existe au niveau européen, voire international. Pour assurer les législatives, il vaut mieux faire un gros score à la présidentielle car les législatives sont six semaines après et qu'il n'y pas de raison que les Français ne confirment pas leur vote. Une candidature unique efficace pourrait changer la présence des élus Verts à tous les niveaux.

Corinne Lepage a décrit Nicolas Hulot comme un « Coluche vert ». Que pensez-vous de cette déclaration ?

Ca me désole, surtout pour Corinne elle-même : tout le monde sait bien dans l'opinion public que Nicolas Hulot n'est pas rigolo ! Je ne sais pas comment des personnes que je respecte, comme Voynet et Lepage, et qui sont à 1 ou 2 % dans les sondages, se permettent de dire à Hulot, qui est à 10, que c'est un guignol. Je pense qu'elles méritent mieux que ça. Il a l'étoffe d'un vrai candidat.
Par Victor
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Jeudi 11 janvier 2007

Source : Marianne 2007

A quelques jours du choix de Nicolas Hulot, les Verts avertissent : son action fait plus de mal que de bien à l'écologie politique. Ils lui reprochent son non-engagement partisan, indispensable à tout changement en matière d'écologie pour les Verts.

Quand un écologiste pose problème aux Verts… Depuis que Nicolas Hulot, et son pacte écologique, font la Une des journaux et que tout candidat qui se respecte doit figurer à ses côtés, histoire de signer le pacte, le présentateur d'Ushuaïa fait une victime collatérale : Dominique Voynet.

En face, on s'organise. Dans une tribune publiée dans Le Monde, Yann Wehrling, porte-parole des Verts, tire à boulet rouge sur Nicolas Hulot : ceux qui sont aujourd'hui d'accord avec lui « sont les mêmes qui ont saccagé notre planète pendant des années », écrit-il. Il lui reproche, « peut-être inconsciemment, (d')atténuer l'action de bien des associations et des militants et élus Verts ». Il y a encore quelques semaines, le parti de Dominique Voynet lui faisaient des appels du pied pour qu'il les rejoigne… « J'ai peut-être été un peu rude dans le ton, mais je lui dis « fais un choix. » Quelles sont les garanties de la mise en œuvre de ton pacte ? » explique à Marianne2007.info Yann Wehrling. « Les Verts sont les premières victimes de cette opération. »

Les Verts lui reprochent son non-engagement

L'équipe de campagne de la candidate des Verts n'est, elle, pas si vindicative, au premier abord : « Son travail est positif, il participe à la conscience citoyenne sur l'écologie », pense Claude Taleb, directeur de campagne de Dominique Voynet. Et s'il prend finalement la décision de se présenter ? « Il assumera alors le risque d'affaiblir les Verts. Mais aujourd'hui, tout le monde a signé son pacte. Personne ne comprendrait vraiment qu'il se présente ». Surtout les Verts, qui sentent bien que Nicolas Hulot récolte les fruits de leurs efforts passés : « Tout le monde se foutait de nous, il y a dix ans, quand on parlait des questions de climat. Si nous n'avions pas été là, Nicolas Hulot ne pourrait pas écrire son livre aujourd'hui », s'agace Claude Taleb.

Surtout, les Verts lui reprochent son non-engagement partisan. Pour mettre en œuvre son pacte écologique, faire partie d'un gouvernement – de préférence de gauche – est indispensable. « C'est en construisant le rapport de force qu'on change les choses », avertit Yann Wehrling.

Devant la vague Hulot, les Verts tentent de rester calme. Dominique Voynet et ses soutiens font un calcul simple : les thèmes de « précarité sociale et écologique » sont au premier plan dans cette campagne. Dominique Voynet devrait en profiter, tôt ou tard. Reste qu'elle ne décolle pas dans les sondages pour le moment. « Ils sont soumis à interrogation, se rassure Claude Taleb. En janvier 1995, Balladur était président », rappelle-t-il. « On est zen. Dominique ira jusqu'au bout. »
Mercredi 10 Janvier 2007
François Vignal
Par Victor
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Jeudi 11 janvier 2007

Jean-Paul BESSET - 27.6 koHors du parti, point de salut ! On connaît la chanson, et tu l'entonnes gaillardement, cher Yann Wehrling (Le Monde du 9 janvier). Si nous te lisons bien, le grand péché de Nicolas Hulot consisterait à ne pas appartenir à la famille des Verts et, pauvre hère sans boussole, à rouler sans le savoir pour le "microcosme politique et entrepreneurial parisien". Au détriment évidemment des "vrais de vrai" de l'écologie, victimes, eux, de "censures" et de "procès".

Ainsi, Nicolas Hulot serait, selon les Verts, ou du moins selon leur porte-parole national, le fossoyeur (inconscient ou cynique) de l'écologie. La preuve ? Les médias écoutent Hulot, et, faute impardonnable, celui-ci s'efforce de convaincre ceux qui ne le sont pas ! Si tu le veux bien, Yann, oublie un instant ta posture, abandonne le jeu de rôle des périodes électorales et les procès en diabolisation si utiles pour masquer ses propres tourments. Reviens au réel, aux faits, aux textes publiés, aux engagements écrits, aux affirmations publiques.

Tu affirmes que la campagne menée autour du Pacte écologique a "des effets contre-productifs". Voilà de quoi surprendre l'observateur rationnel. Les grandes et graves questions de l'enjeu écologique ne sont-elles pas, depuis trois mois, exposées et débattues en pleine lumière ? Sous la pression, les principaux candidats à l'élection présidentielle n'ont-ils pas ressenti une soudaine et ardente obligation de bouleverser leur programme pour tenter, à leur façon, d'intégrer cette dimension ? Une part significative de la société ne se mobilise-t-elle pas autour du pacte ? Nicolas Hulot n'est certes pas le seul vecteur de cette empreinte écologique sur l'opinion. Il catalyse seulement sur sa personne et ses propositions l'accélération d'une prise de conscience collective et le travail de sensibilisation mené par les écologistes - dont les Verts - depuis des années. Prétendre que le coup de pouce qu'il a ainsi donné "finit par atténuer l'action des associations et des militants verts" relève d'une bizarrerie confondante.

Tu dénonces une prétendue mollesse à "pointer du doigt" les vrais responsables. Nicolas Hulot n'a en effet que peu de goût pour les facilités tribunitiennes. Le Pacte écologique s'efforce plutôt d'examiner les causes profondes, "systémiques", de la catastrophe possible. Une citation pour te rassurer ? "L'impératif écologique sonne le glas des deux grands systèmes idéologiques, l'ultralibéralisme et le collectivisme" (page 24). Ou encore : "Il faut renoncer à l'enthousiasme général pour le principe de croissance maximale en tout domaine et en toutes circonstances" (page 41). Est-ce vraiment cela qui ferait de Hulot "le représentant d'une écologie acceptable par les pollueurs" ?

Tu regrettes que "tout le monde soit mis sur le même plan", riches et pauvres, puissants et misérables. C'est exactement l'inverse qui est écrit. Par exemple (page 26) : "Les efforts ne peuvent pas être identiques pour chacun, le niveau d'aisance matérielle des uns et des autres, des peuples comme des individus, de même que leur impact sur la dégradation de la situation, ne sont pas comparables." En revanche, oui, le pacte affirme que la responsabilisation de chacun est aussi engagée. Ce n'est pas seulement les autres qui doivent changer. La nécessaire "mutation" écologique de la société lie changements structurels et modifications comportementales, système et individus. Ne crois-tu pas avec nous que cela concerne aussi le ressort intime de l'existence de chacun ?

Tu laisses entendre que Nicolas Hulot pourrait envisager d'appeler à voter pour Nicolas Sarkozy. Où et quand une telle intention a-t-elle été dite ou suggérée ? Intox ou ragot ? Tu l'accuses, dans le même élan, de s'adresser à l'UMP. Et alors ? Parce qu'elle est de nature associative, la démarche du pacte s'adresse effectivement à tout le monde, elle interpelle toutes les forces politiques qui doivent prendre la mesure des enjeux pour l'intérêt général. Même celles qui se revendiquent à gauche... Faudrait-il renoncer à parler à tous ? Et se désespérer que certains puissent changer de représentation du monde ?

Tu ne vois ni "chiffrage" ni "échéancier" dans le Pacte écologique. Etrange cécité ! La réorientation des subventions agricoles européennes en direction de l'agriculture biologique et certifiée (12 milliards d'euros !) et l'instauration progressive d'une taxe carbone jusqu'à la division par quatre des émissions de gaz à effet de serre ne sont-elles pas chiffrées ? Les cinq mesures concrètes avancées ne sont-elles pas conçues pour application immédiate ? Un doute me saisit : as-tu bien lu ce que tu critiques avec légèreté ?

Cher Yann, il fallait ce rappel des faits pour que la discussion avec les Verts ne s'embourbe pas dans les a priori, les rumeurs et les fantasmes. Selon toi, Nicolas Hulot "ne prend pas parti" (suggérant ainsi élégamment qu'il rejoint celui "des criminels de l'environnement"). Eh bien si, justement, il prend parti, mais pas selon la règle des vieux catéchismes qui nous ont conduits là où nous sommes. Il prend le parti de l'écologie, ce nouveau paradigme qui invite à repenser et à resituer la politique sur une autre échelle. Avec ou sans toi, Yann ?

Car n'est-il pas temps que tu comprennes que, lorsque le brise-glace est en route, mieux vaut prendre le chenal plutôt que de chipoter sur la couleur du bateau et risquer de rester échoué sur la banquise ?

Jean-Paul Besset est porte-parole de Nicolas Hulot.

Par Victor
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