Les écologistes progressent à petits pas vers un "programme commun"

Publié le par Victor

dimanche 10 septembre 2006, 14h13 

Par Christine COURCOL

2007 : Lepage veut un "programme commun"SAINT-DENIS (AFP) - Les écologistes de tous bords ont fait un petit pas ce week-end à Saint-Denis (Seine-saint-Denis) vers la mise au point d'un "programme commun", sans avancer pour autant vers l'éventualité d'une candidature unique à l'élection présidentielle de 2007.

Point fort de l'université d'été de son mouvement Cap 21, Corinne Lepage, candidate à la présidentielle, avait organisé samedi soir un débat réunissant politiques, associatifs et scientifiques, sur la possibilité d'actions communes.
"Une fantastique armada", se félicitait Nicolas Hulot, "une vraie dream team", pour Serge Orru, directeur général du Fonds mondial pour la nature (WWF), tandis que l'écologiste Allain Bougrain-Dubourg voyait dans la réunion "quelque chose de familial".
Mme Lepage assurait d'emblée qu'il fallait "aller au-delà des préoccupations d'ordre idéologique". Se démarquant des "dinautruches" (dinosaures-autruches) et des "professionnels de la politique", elle rêve, par-delà la droite et la gauche, à une "troisième force différente".
Et de lancer: "Nous sommes en train d'écrire l'histoire!"
Venue de la droite - elle fut ministre de l'environnement d'Alain Juppé et tête de liste UDF à Paris pour les régionales de 2004 - Mme Lepage se dit aujourd'hui du centre, mais pas "un centre mou".
Dominique Voynet (Verts), elle aussi candidate à la présidentielle, se refuse cependant à ce que l'on "masque les différences". Elle souligne qu'au deuxième tour "le scrutin majoritaire nous forcera à choisir entre la droite et la gauche" et que c'est avant le premier tour qu'il faut choisir avec qui discuter.
"Mais se lier, rétorque Mme Lepage, rend impossible une troisième force", irréalisable selon Mme Voynet "avant un demi-siècle", alors que c'est "tout de suite qu'il faut se donner les moyens de mettre en oeuvre le changement".
Quant au premier tour, s'il y a "trois ou quatre candidats écologistes", on aura "du mal à se faire entendre", avec des scores inférieurs à ceux du PCF ou de la gauche radicale, souligne la candidate des Verts, à laquelle les sondages ne donnent guère plus de 2% des voix.
Dans le Journal du dimanche, comme pour dire que le candidat d'union devrait être celui des Verts, elle a rappelé que "depuis René Dumont en 1974 les Verts ont toujours été présents à la présidentielle". "Ce sera encore le cas cette fois".
Une candidature unique à la présidentielle n'était cependant pas au programme à Saint-Denis.
L'animateur Nicolas Hulot, qui pourrait lui aussi être en lice, a précisé qu'il ne clarifierait pas ses intentions avant fin novembre. Se disant prêt à "faire le brise-glace et ouvrir la banquise", il plaide pour un "rapprochement" permettant une "vraie efficacité politique".
Tous se sont accordés pour organiser des Assises de l'écologie politique avec des partis, des ONG, des scientifiques et des citoyens - une idée lancée avant l'été par les Verts. Mme Lepage a souhaité la mise au point, "avant Noël", d'une "plate-forme commune en dix points".
"Si on arrive à mettre au point un programme commun de l'environnement, on aura créé un immense espoir auprès de nombre d'électeurs", a-t-elle affirmé.
"Je suis d'accord pour qu'on élabore dix urgences, mais qu'on aille plus loin", a relève Mme Voynet, pour qui il faut aussi "s'attaquer à l'organisation de l'économie". Et de regretter que l'on puisse s'accorder sur une plate-forme "pour se diviser après".
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