Daniel Cohn-Bendit veut refonder l'écologie politique et les Verts

Publié le par Victor

 LE MONDE | 02.07.07

Le coprésident du groupe Verts au Parlement européen, Daniel Cohn-Bendit, samedi 30 juin à Tours. | AFP/ALAIN JOCARDIl explique avoir "une disponibilité qui reste à inventer" mais affiche un sourire gourmand qui ne trompe guère. Daniel Cohn-Bendit est de retour dans le débat politique français pour "créer un nouveau parti écolo". Il a réuni quelque 200 sympathisants, samedi 30 juin à Tours, autour de son "manifeste pour la refondation de l'écologie politique". Entouré de la députée européenne Marie-Hélène Aubert et du conseiller municipal d'Amiens Christophe Porquier, deux représentants de la mouvance modérée des Verts, le député allemand a lancé l'association Horizons écologie, appelant "tous les écologistes" à se réunir en "une seule formation".

 

La veille, il proclamait encore vouloir "casser la baraque verte", ce "mini-appareil qui se prend pour "je-ne-sais-qui"". Après un bref rappel de la réalité de la galaxie écologiste par quelques-uns de ses proches, le député européen a dû reconnaître que "sans les Verts il n'y aura pas de rénovation de l'écologie mais avec les Verts tels qu'ils sont non plus".

Le vice-président du groupe Verts au Parlement européen ne supporte plus de voir ses amis français en crise permanente, incapables de se constituer en force politique qui compte. Les élections européennes de 2009 s'approchent. M. Cohn-Bendit entend entend être la tête d'affiche de tous les Verts d'Europe et viser un poste de vice-président à Strasbourg. Et si les écolos obtiennent des bons résultats dans nord de l'Europe, ceux du sud végètent, en particulier en France.

Le score de 1,57 % obtenu par Dominique Voynet à la présidentielle en a fait la démonstration. "Il faut repenser la manière dont les Verts peuvent reprendre la main", a averti le député allemand. "Oui mais faut faire dans la dentelle", a prévenu Yann Wehrling, une des rares figures avec le député Yves Cochet à s'être déplacées. Devant la méfiance suscitée par son initiative, Daniel Cohn-Bendit avait tout fait pour convaincre Dominique Voynet d'y participer. Celle-ci est venue, consciente de l'attraction que l'ancien leader de 1968 peut exercer dans son parti.

 

"DÉFI COSMIQUE"

 

Vendredi, le trublion avait aussi tenté d'attirer les amis de Nicolas Hulot en leur assurant dans une tribune parue dans Libération avoir "besoin" d'eux pour "mettre les Verts français à la hauteur des enjeux de l'urgence écologique". En vain. Samedi, l'assistance, venue pour voir "Dany", est essentiellement verte.

Peu importe, Daniel Cohn-Bendit se dit prêt pour son "défi cosmique" : "faire pression de l'extérieur et de l'intérieur pour que les Verts sortent de la culture des années 1970". Il entend donc rallier "ceux qui sont dans le parti, les 20 000 qui y sont passés, et les autres qui cherchent". Sans oublier les égarés au MoDem ou au PS, précise-t-il.

Le plan de bataille est prêt : après un passage aux journées d'été des Verts à Quimper, fin août, il lancera des comités locaux dans toutes les villes, organisera des réunions publiques à la rentrée, constituera des commissions de travail sur les statuts et le projet pour préparer la future nouvelle organisation. Un nom - les Ecologistes - est avancé et "Dany" s'en verrait bien le président. Il le jure : "ce n'est pas une guerre contre la direction des Verts". Mais prévient qu'il ne s'impliquera qu'à condition "que les Verts sortent de la culture de suspicion". Le pari n'est pas gagné.

Sylvia Zappi

Publié dans L'après-campagne

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Yoann 11/07/2007 14:24

Réponse de France Gamerre, Présidente de Génération Ecologie à l'appel de Daniel Cohn BenditGénération Ecologie a bien enregistré l’appel lancé, à Tours, par le député européen vert Daniel Cohn-Bendit pour une refondation de l‘écologie politique. Cet appel qui intervient après celui du député Vert Yves Cochet va dans le sens de celui lancé en octobre dernier par France Gamerre, Présidente de Génération Ecologie, qui invitait à un Epinay de l’Ecologie. Il est en effet temps que les écologistes en finissent avec les divisions qui n’intéressent qu’eux-mêmes et que les citoyens et les électeurs ne comprennent visiblement pas. L’Ecologie qui est un courant important de notre démocratie devrait avoir, comme d’ailleurs tous les autres courants politiques, un seul parti et une seule couleur. Génération Ecologie est donc tout à fait favorable à une discussion largement ouverte et sans à-priori idéologique sur la refondation de l’écologie politique dans notre pays.